01 mars 2006

Back in France (©presque Beatles)

Vous l'attendiez tous (oui j'aime penser ce genre de choses), me revoilà dans notre bonne vieille France (oui je me suis adapté à la façon de parler américaine).

En résumé... un seul mot. Gros. Ou grand. Tout là-bas est gros (ou grand). Les immeubles, les gens, la contenance en sucre des sodas, de la moutarde ou du jambon, les voitures, les rues...

Bon OK, c'est un peu cliché, il n'y a pas que des obèses qui se balladent avec un café de 1 litre (ou devrais-je dire 33 fl oz) en costume trois-pièces et des baskets (parce que les gens qui travaillent à Washington font ce genre de chose... marcher du métro jusqu'au boulot, quel effort!). Mais y'en a quand même!

 

Pour cette fois, je vais vous parler un peu de Washington, et en particulier du National Mall, la chose principale à voir là-bas. C'est une esplanade aussi vaste qu'une ville sur laquelle sont installés les grandes institutions politiques et les mémoriaux consacrés aux grandes figures américaines. Et c'est du gros spectacle... La Maison Blanche, le Capitole et les mémoriaux des quatre plus grands présidents sont concentrés sur un espace où ils n'ont aucune concurrence à craindre. Même le ciel est à eux : chose unique aux États-Unis, pas un seul gratte-ciel ne trouble la ligne d'horizon.

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Au centre de la vallée se dresse un obélisque gigantesque dédié à George Washington, fondateur de la Nation, grand chef militaire, premier Président. C'est à juste titre qu'il occupe cette place dans une capitale qui porte son nom : les États-Unis reposent encore aujourd'hui sur son œuvre. De cet endroit on aperçoit à la fois le Capitole et la Maison Blanche, c'est-à-dire les deux endroits où se prennent les décisions politiques les plus importantes du monde. À New York le pouvoir économique, à Washington le pouvoir politique...

Ensuite, plusieurs autres mémoriaux : le Lincoln memorial, le Jefferson memorial, le Roosevelt memorial, et d'autres à la mémoire de plusieurs guerres: guerre de corée, guerre du vietnam, 2nde guerre mondiale, etc. Tout ça pris à part ces bâtiments ne sont pas très intéressants. Le siège de la Cour Suprême est une sorte de temple grec. Le dôme du Capitole rappelle des bâtiments semblables que l'on trouve dans toutes les grandes capitales européennes. L'obélisque de Washington obéit à la loi du « plus grand, plus haut, plus fort ».

La disposition des bâtiments fait de la visite du National Mall un pélerinage. Les différents mémoriaux sont séparés par de longues distances, ce qui oblige à consacrer une journée entière. Le marcheur a tout le temps de méditer sur la signification de chaque bâtiment. (oui, je sais c'est très beau ce que je dis). L'architecture des mémoriaux, isolés au milieu d'une nature reconstituée, est empreinte de spiritualité (ça aussi, c'est magnifique). Le Monument de Washington est un obélisque égyptien démesuré. Celui de Lincoln ressemble à un temple grec. Le Mémorial de Jefferson, circulaire, reprend la voûte du Panthéon, tandis que Roosevelt est honoré par des pierres levées qui pourrait faire penser à Stonehenge et à Carnac. Dans chacun d'entre eux, les paroles du Grand Homme sont inscrites en lettres gigantesques, comme celles du Christ à Saint-Pierre de Rome. C'est une belle comparaison que je fais là. On se rend mieux compte. Même controversés en leur temps, ces mots sont aujourd'hui sacrés.

Evidemment, chaque mémorial est le leg de chaque président pendant leur passage au pouvoir. Ainsi, on peut dire merci à Clinton pour le truc bizarre de Roosevelt, et surtout un grand merci à Bush pour le truc immonde du "National World War II Memorial". Avec de belles phrases, comme par exemple: " AMERICANS CAME TO LIBERATE, NOT TO CONQUER, TO RESTORE FREEDOM AND TO END TYRANNY"... MERCI L'AMERIQUE !!!

A part tout ça, il n'y a pas grand chose à tirer de Washington. Les avenues s'y succèdent dans un quadrillage anonyme, à peine animées par un quartier chinois bien terne. Le quartier Dupont Circle est pas mal par contre, c'est le quartion homo, mais qui n'a vraiment rien à voir avec le Marais à Paris. Rien, ici encore, pour chasser de l'esprit le souvenir du National Mall et sa grandiose mise en scène de la foi américaine qui aurait non pas la foi en Dieu, mais la foi en un système politique et la foi en une Constitution, qu'une exceptionnelle "stabilité" a transformée en Tables de la Loi du nouveau peuple élu...

La suite sur NYC plus tard... (bah oui, c'est comme ça que ça s'écrit New York, ou encore I♥NYC...!)